En voilà un qui arrive après la guerre... (Oui, oui, c'est bien là un élan narcissique de... ma pomme en guise d'introduction !)
Je n'ai malheureusement pas eu le courage en cette heure de lire les 5 pages, mais en ayant le début et la fin... Soyons fou. Je vais donc me permettre de donner mon avis sur le 3ème débat (la question de l'identité numérique ne prêtant pas vraiment à débat ; ma pudeur m'empechant d'étaler ma totale méconnaissance de lost en second).
Bref, j'enchainerai sur Kick-Ass.
Petite précision tout d'abord : Kick-Ass n'est pas un film de super-héros. Je m'étonne d'ailleurs qu'aucun puriste ne l'ait relevé avant moi. Le terme de super-héros désignant un héros possédant des "super-pouvoirs", celui-ci ne saurait s'appliquer à un banal adolescent , pas plus qu'a Big Daddy et autre HitGirl 
(Rappel : Superman est un super-héros, batman est "juste" un héros)
Concernant le film à proprement parlé, je trouve l'avis de John particulièrement sévère. Et avec tout le respect que je lui dois (à lui et plus généralement aux personnes ayant été offusquées par la "dureté" des images), il me semble qu'il y ait confusion tant sur le film que sur sa portée.
Attention, je comprends tout à fait que ce film et certaines de ses séquences puissent choquer certains d'entre nous. Pour autant, avancer à bout de bras et tout azimut la notion de moralité est une échappatoire un peu facile. Pas très téméraire non plus d'ailleurs ! (Comment en effet répondre à un argument moral ? La morale... Et sa frontière mouvante au sein même des individus et plus encore entre individus !) Bref, la moralité clos tout débat, puisque notion relative. Avouons que ce serait dommage !
Toute moralité mise à part donc, la crudité de certaines scènes vient étayer une volonté et un message. La tallion, la deshumanisation, l'aliénation et la maléabilité des esprits sous influence, les relations pere-fils/fille. Et puis tout de même la justice.
Je veux bien que l'on critique la mise en scène (très critiquable au demeurant par certaines aspects), mais nier toute problématique potentiellement introduite par le scénario par ces seuls défauts formels me semble un peu exessive.
Oui, Big Daddy est totalement déshumanisé par son passé d'une part, consumé (pardonnez ce terme maladroit ^^) par son aspirarion obscesionnelle de vengeance d'autre part. Oui, Hit Girl est totalement aliénée par cette... (éducation est-il vraiment le terme approprié d'ailleurs ?) utilisation. Oui, Kick-Ass est un adolescent médiocre... mais qui justement décide de se révolter et de ne pas se laisser écraser par le poids de l'inaction devant son monde environnant.
Alors voilà, ce n'est qu'une interprétation peut-être un peu tirée par les cheveux. Mais elle existe. On peut ne pas y adhérer, mais elle éclaire peut-etre aussi la crudité de certaines scènes (comme la mort de Big-Daddy).
Après, oui, on adhère ou pas à la coolitude générale ou à l'humour "border-line". J'avoue sans honte avoir rigolé sur l'impact de notre pauvre héros blessé qui se fait renversé... Suis-je pour autant un être abject et immoral ? J'ose esperer que non ! Ca reste une fiction, et jusqu'à preuve du contraire, on sait que l'on va voir des fictions quand on est au ciné... Alors oui, rions de ces scènes absurdes mais fictionnelles ! Ne soyons pas offusqué de voir une fillette deglinguer du méchantpabô. Contrairement à Balzac : "All is NOT true" !
Et globalement, c'est un divertissement plutôt efficace à mon sens. (Et ne me repprochez pas mon jeune age...)
J'ajouterai pour finir que je trouve très dommageable pour les oeuvres -mais aussi pour les recepteurs que nous, public, constituons- le travers de plus en plus présent de reprocher à une oeuvre de ne pas contenir les éléments que nous AURIONS AIME y trouver. Les créateurs apportent par leur oeuvre une vision. Cette oeuvre se suffit à elle même et constitue la finalité artistique en soit. On peut critiquer cette vision, ce message ; mais non substituer à ce message notre propre vision. Cela reviendrait tout simplement à tuer l'art, le beau, le vrai (mon dieu, que de notions abstraites !), pour les remplacer par un ô combien rassurant mais terriblement pathétique conformisme !
PS : @ Stif : je respecte tout à fait la prévalence de la forme sur le fond, mais, enfin, ne faudrait-il une nouvelle fois pas plutot parler de mayonnaise qui ne prend pas (entendre qui ne nous touche pas), plutot que d'assener que la violence dans le film n'est pas "mise en scène" ? Là aussi, on a des choix, de lumière, de focalisation, de crudité... C'est une nouvelle fois discutable, mais enfin, elle existe...
Quant au "signifié/signifiant, ta métaphore est très parlante... Sauf que nous ne l'interpretons pas pareille ! Justement, ne faudrait-il pas plutot rappeler qu'il est chimérique de vouloir détacher signifié de signifiant, et meme un peu absurde ? De la sorte, l'un ne rajoute pas plus ou moins de sens à l'autre, mais c'est justement la superposition des signifié et signifiant qui crée le sens !
Toute la difficulté est donc de ne jamais s'éloigner ni de l'un ni de l'autre...
Et de ne pas oublier qu'une mise en scène, même crue ou a première vue inexistante (ou plutot sans recherche particulière) fait partie intégrante du sens 
Pour conclure donc, je vais reprendre une précedente intervention de ma pomme... (la boucle d'orgueil est bouclée !)
Outre les scènes d'action et les touches d'humour disséminées - les unes destinées à impressionner le spectateur à intervalle régulier, les autres à tempérer la crudité des premières- la problématique latente du film n'est jamais totalement occultée, et me paraît être d'un tout aussi grand intérêt que le simple "divertissement". En effet, l'on suit le positionnement d'un jeune lycéen médiocre (sans connotation péjorative) dans un monde violent, et sa volonté d'agir, alors même que la raison pousserait d'ordinaire la plupart d'entre nous à accepter tacitement cet environnement et à lutter pour ne "rien voir". Pas de super-héros ni même de héros, mais des personnages mus par des motivations diverses, parfois simplement embrigadés par leur milieu respectif. Aussi, en passant des stéréotypes bien présents(dont l'éternel cliché de la vendetta vengeresse...) et un manichéisme plus que présent, Kick-Ass peut être abordé comme support d'une réflexion sur l'"agir individuel".
Dernière modification par Shadow99 (08-08-2010 00:14)