
Avant tout, il faut séparé le vin de la lie, ranger les torchons et donner à bouffer aux cochons. C'est la raison pour laquelle je rebaptise ce film La Ctose, afin que personne, jamais, ne puisse faire le rapport entre les deux autres Choses qui sont elles, le bon vin, les serviettes, la confiture.
Au cas où certains d'entre vous auraient vécu loin de tout ces 10 derniers mois, La Ctose propose de nous expliquer ce qui a bien pu se passer dans cette foutue station norvégienne avant que ces foutus norvégiens se décident à chasser le chien de traîneau en hélicoptère. D'entrer de jeu, tout ceux qui ont vu le film de Carpenter sont en droit de se dire "mais en fait, pourquoi ? On se doute bien de ce qui a pu se passer". Ha ouais, mais pas quand on est américain monsieur. Quand on est américain, faut que ça soit posé sur la pellicule, écrit noir sur blanc si je puis dire. Faut tout dire, faut que tout soit clair et qu'il n'y ai plus de zone d'ombre, il faut même le dire une fois tous les 10 ans (Spiderman), sinon le doute s'installe et le doute c'est le mal.
Ainsi zou, nous voilà parti vers une station norvégienne bizarrement rempli pour moitié de citoyens US, mais, en revanche, entièrement rempli de clichés. De la jeune scientifique qui a tout à prouver, au professeur célèbre et forcément méchant, en passant par le lâche (tiens ? un anglais), le pilote américain fougueux mais néanmoins un peu dark, le black de service, tout le monde est là, on peut commencer à raconter l'histoire.... Le problème, et on le sent bien, c'est qu'il n'y a pas grand chose à raconter qui n'ait déjà été dit.
Du coup, ne sachant trop s'il s'agit d'une préquelle du film de Carpenter ou d'un remake de celui de Nyby, La Ctose avance tant bien que mal, empruntant à l'un et à l'autre mais prenant garde à ne pas trop copier, non plus.
La Ctose : la même chose que pareil mais pas tout à fait. C'est lorsque l'on entre dans le royaume du "pas tout à fait" que l'on mesure l'idiotie profonde du film. Presque chacune des scènes se forcent à faire référence aux films de Carpenter et de Nyby, mais prend un chemin de traverse afin de tenter vainement de surprendre le spectateur. Si encore c'était pour proposer une autre idée, mais même pas. La Ctose se contente de donner dans le film de monstre classique et au bout de 30 minutes, on retourne dans le petit jeu bien chiant, car sans surprise, de celui qui se fera bouffer ensuite.
Mais ce n'est pas tout. Comme je vous l'avais dit au début, le but de ce film est de tout vous dire et de tout vous montrer. Cela nous donne une scène finale qui culmine au ridicule et renvoi La Ctose grossir les rangs de toutes ces pauvres tentatives minables de suites, de préquelles et de reboots dont Hollywood a le secret et qui finiront pour la plupart dans le rayon des Blu-Ray à 1 euro chez Carrefour. Et même là, personne n'en voudra.
Cela dit, outres le fait d'être passablement pourri, La Ctose a le mérite d'avoir fait un bide. C'est sans doute la raison pour laquelle le film sera vite oublié. Néanmoins il constitue une protection non négligeable contre toute future tentative de foutre en l'air ces deux monuments du cinéma que sont The Thing From Another World et The Thing.
Tout commence et finit par un T.