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Sujet : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Durant mes jeunes années d'école, j'ai eu affaire à un prof de français qui, quand je lui ai parlé de ma passion pour la BD, m'a déclaré que pour lui les bandes dessinées nuisait à l'imagination.

Selon lui, lire un livre permet de voyager à travers les mots et force à imaginer les différents éléments (décors, personnages,...). Alors que dans une BD tout est représenté et plus aucun effort ne doit être fait.

Que pensez-vous de ce type de théorie?

http://www.decitre.fr/gi/94/9782745910394FS.gif

Pour moi cela n'a aucun sens. La bande dessinée offre un voyage différent de celui que peut offrir un roman. Certes, un roman peut être interprété différemment par chaque personne et chacun va créer son univers, mais le lecteur reste de toute manière influencé par la façon dont l'auteur décrit chaque élément.

Et ce qui crée l'imagination n'est pas de se forcer à se représenter des choses inexistantes. Notre imaginaire est créé par tout ce que nous vivons, ce que nous voyons, entendons, sentons,... Tous les sens sont mis à contribution et c'est cet ensemble qui fait de notre imaginaire ce qu'il est.

De plus je déteste cette façon de "snober" la BD en la comparant au livre. Personnellement je consommes les deux avec plaisir et lire de la bande dessinée ne m'a jamais empêcher de découvrir d'autres choses et je crois que mon imagination se porte très bien et est même très développée  :mrgreen:

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Et surtout dans ce cas, que dire du cinéma... il était un peu concon ton prof...
J'ai déjà lu du spidey en roman, bah j'peux dire que ca fout beaucoup moins la shtonga lors des affrontements qu'un beau comics. Imaginons Tintin en roman... ce serait chiant serieux, Tintin est Tintin parce que justement il y a ce visuel autour... Maintenant un Zola en BD... la ok, j'vois pas l'interet (j'vois deja pas l'interet en roman remarque).

Comme tu le dis, il y a le roman, la bd et autre. Faut pas chercher à les comparer, ils ont tous un truc unique a apporté.

Possesseur d'un tél iMotorola de 2005, d'un énorme ordi portable iAcer de 2006, d'un lecteur mp3 iCarrefour qui range les musiques n'importe comment et d'une carte graphique iAti au seuil de la mort.

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Comme quoi, il existe encore des profs complètement cons qui pensent que leurs élèves ne doivent pas lire de BDs (et encore moins des comics et des mangas)!...

Twitter : @PierreDavila

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Le roman ne forme absolument pas l'imagination. Tout ce que le lecteur se représente en lisant un roman est dans le roman même. on n'a pas plus d'imagination après la lecture de 1984 qu'avant, on a juste un exemple du résultat de l'imagination de quelqu'un d'autre, ce qui est exactement la même chose avec la BD, le cinéma, et l'art en général. J'espère que t'as ps eu ce prof longtemps Kirby... Consternant...

Dernière modification par Eodred (02-01-2011 17:53)

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Eodred a écrit:

j'espère que t'as ps eu ce prof longtemps Kirby... Consternant...

Une année complète à raison de 8h par semaines hmm

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Toutes mes condoléances!  big_smile

Dernière modification par sheppard (02-01-2011 22:07)

Twitter : @PierreDavila

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Elle est tres bonne cella la! C'est le meme genre de prof qui te conseillait de lire ses faubleux grand classiques francais ou on te decrit en long et en large une fenetre ou un tabouret sous toutes les coutures pendant 8 pages? je vois oui, j'ai eut le meme genre...

"Aaagh! " (Admiral Ozzel)
http://twitter.com/DarthGilou

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Tiens, encore un traumatisé de Balzac et de Zola. Je compatis, cher ami expatrié.  hmm

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Le problème chez Balzac ce n'est pas l'auteur mais la manière dont on l'aborde en classe.
Commencer la Comédie humaine de Balzac sans avoir lu La fille au yeux d'or, c'est forcément chercher l'incompréhension. C'est d'autant plus idiot que La fille aux yeux d'or est une nouvelle (donc nettement moins descriptive) et qu'il explique les rouages de la société, la théorie des 5 cercles, autour de laquelle va s'articuler toute son œuvre.
J'étais comme vous, Balzac me gonflait profondément et puis mon père (prof de français) m'a fait lire La fille aux yeux d'or et tout est devenu limpide et passionnant.
J'ai alors découvert que Balzac était un cinéaste avant l'heure. Toutes ses descriptions sont en fait des longs travelling au travers du décors. En décrivant le décors d'un personnage, il en présente aussi sa personnalité dans ses moindre détails.
De plus Balzac est un écrivain de feuilleton. Ce taper Le père Goriot d'une traite c'est comme se taper les 6 saisons de Lost sans interruption, c'est indigeste. Il faut donc le lire à dose de 2 pages maximum par jour, comme les lecteurs de l'époque.

Ceci ajouté au fait que Balzac était payé à la ligne.  lol

Tout commence et finit par un T.

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

Moi j'ai toujours adoré les cours de littérature, et surtout une année où la prof nous faisait des lectures d'extraits façon "bande annonces" pour nous donner envie de nous jeter sur le bouquin en sortant du cours. Ce qui fait que les plus motivés (et les plus no-life aussi) avaient lu à la fin de l'année au moins 3 fois plus des livres que ceux au programme, pour se construire une mini-culture autour des époques qui étaient abordées.
Mais elle a tout de même essayé de nous faire avaler Le Père Goriot en 1 week-end, mais je n'ai pas pu dépasser le tiers du bouquin, qui par trop de descriptions méticuleuses bridait justement mon imagination. Dans la même époque, j'ai mille fois préféré les nouvelles de Maupassant dans le monde des paysans et des marins, que je verrais très bien adaptées en BD, Stendhal pour Le Rouge et le Noir magnifique roman d'apprentissage qui a déjà été adapté plusieurs fois au ciné il me semble.
L'imagination doit tout de même avoir un support pour se développer, les romans écrits comme des story-boards facilitent la mise en image du lecteur, mais au delà d'un certain point deviennent indigestes effectivement. C'est la richesse ou le minimalisme de l'écriture qui imposent le rythme de lecture, plus ou moins rapide selon le nombre d'informations à traiter, et donc une possibilité ou une impossibilité de mettre des images ou de se représenter les personnages selon sa propre interprétation.
Concernant les BDs, je passe beaucoup de temps sur chaque page, la considérant dans son ensemble, puis sur l'enchaînement des cases, puis des bulles. C'est un rythme de lecture plutôt lent qui me donne le temps de mémoriser ces images et d'y repenser longtemps après, comme avec un film. (ça vait pour du Moebius ou du Bilal, un peu moins avec les Bidochons tongue) J'ai justement un peu de mal avec le rythme Manga qui se veut plus rapide à lire et à assimiler.
Bref pour moi l'imagination a aussi besoin de temps.

Be seeing you,
Mentine

Pissenlit : Vous bloquez sur u(z) alors qu'il suffit d'interpréter la constante h... voyons.
Roger : Eh ! Eh y va interpréter une constante lui eh... dans l'état où il est!

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Re : La bande dessinée nuit-elle à l'imagination?

J'ajoute mon grain de sel après la bataille pour dire que, comme vous tous, je trouve ce jugement totalement absurde.
Le roman raconte avec du texte, la bande dessinée le fait avec du texte et du dessin. Elle ne donne toutefois pas seulement un support au texte mais un deuxième niveau d'interprétation possible de l'histoire et de l'action. Je ne considère pour autant pas l'un comme supérieur à l'autre, ce sont seulement deux médias différents.

Dans le même genre que cette vision de la bande dessinée, je viens de trouver une page amusante sur l'influence néfaste que peut avoir la bande dessinée sur nos esprits
http://www.salve-regina.com/Chretiente/La_BD.htm