La fameuse photo de Jérôme en passoire est magistralement magnifique. L'épisode est über, sinon.
Gros débat, donc. Parce que je n'ai rien à dire de spécial sur le reste (La Proie, bel égotrip, ceci dit ; l'un des plus beaux du top 1/5/10 des égotrips scudiens de la dernière décennie).
Au niveau de la question du méchant ou du gentil, c'tun peu un raisonnement fondé sur du manichéisme détaché du réel. Dans l'hypothèse où une race extraterrestre serait assez évoluée pour capter nos messages radio/débarquer ici en chair et en os (en chair et en os ? vraiment ? j'y reviendrai), cela signifierait qu'il y aurait chez elle à peu près des individus aussi variés que chez nous. Par conséquent, les types qui seraient les premiers à nous découvrir/entendre seraient l'équivalent de nos scientifiques. Je vais utiliser le vocabulaire de notre système de fonctionnement à nous, car rien ne dit que le concept de scientifique aurait de la valeur appliqué à ladite race extraterrestre ; m'enfin, il faut bien un truc auquel se raccrocher…
L'ensemble de leur civilisation ne tarderait pas à être au courant de notre existence. Ce qu'il faut se demander ensuite, c'est ce qu'il se passera chez eux et chez nous. De leur côté, il est parfaitement possible que, pendant que la majorité d'entre eux décide de confier à leurs élites le soin de concevoir un mode de communication viable, une milice de fanatiques anti-terriens affrète un vaisseau clandestin histoire de venir nous défoncer en profondeur. Pour peu qu'ils nous soient technologiquement supérieurs, et de loin, c'est envisageable. Mais ce scénario fait partie d'une infinité d'autre scénarios possibles également. Dans ce cas-là, il faut réfléchir en termes de deux civilisations complexes se rencontrant. Deux civilisations avec toute leur variété interne. Ça implique forcément un gros bordel, pour résumer.
Après, il existe également la possibilité du Indians-like : on tombe sur une civilisation tellement développée qu'elle nous considère comme des sous-merdes et décide de nous écraser, histoire de nettoyer un peu les lieux. Ceci dit, j'imagine qu'une civilisation à l'intelligence surdéveloppée, soit comprendrait tout l'intérêt de la découverte d'une autre planète habitée que la leur, soit connaîtrait notre existence depuis longtemps et aurait pu nous éliminer depuis tout aussi longtemps, soit plein d'autres trucs, mais de toutes façons n'irait pas nous annihiler sans prendre la peine d'essayer de comprendre notre espèce. Ou alors ce sont des grosses brutes. Mais des grosses brutes maîtrisant le voyage jusqu'à notre planète, quand même, c'est peu probable. À moins que ces grosses brutes ne soit nées d'une manière qui leur permet de voyager naturellement dans l'espace, sans même utiliser d'outil. Des sortes d'oiseaux stellaires colonisateurs, en somme (il est possible que je ressorte de vieux scénarios ; si c'est le cas, mea culpa, c'est un manque de culture).
En fait, c'est assez vertigineux comme pensée, tenter de poser des hypothèses sur une rencontre entre deux civilisations. Et encore, c'est un cas de figure où l'on imagine que toute intelligence dans l'univers naît de la vie. Mais est-il possible qu'une forme de ce que nous nommons pensée se développe d'une toute autre manière ? La matière recèle peut-être d'autres possibilités de création de formes d'existence pensantes que des êtres biologiques formés d'ADN.
Mais pour l'instant, restons dans ce mode de pensée biologique consciente, parce que je veux caser un truc et que je ne vois pas où le mettre sinon. C'est simplement le concept d'individu ou d'ensemble (concept qui disparaît forcément quand on sort de notre mode d'intelligence ; ou du moins qui est à revoir). L'idée dominante aujourd'hui, c'est qu'il existe peut-être un gros tas d'aliens quelque part. Mais il est aussi possible qu'une entité biologique unique à l'intelligence tentaculaire existe. Dans ce cas, la manière d'envisager le monde de son point de vue est forcément différente, et même assez difficile à imaginer. Par exemple, le langage ne ferait alors plus partie de ce mode de pensée, étant donné qu'il serait une excroissance inutile au noyau intelligent de cette entité. Sauf que ce que nous sommes est entièrement dépendant du langage. Bon, je reviens à l'idée de l'extra-conscience.
Le problème de cette hypothèse, c'est qu'il faut la concevoir en tant que pensée hors de toute biologie. En fait, plus précisément, hors de toute conscience. Ou du moins, concevoir un mode d'intelligence totalement nouveau. Or, notre système de pensée est le seul que nous connaissons. Et même, les termes de « pensée » et « conscience » ne s'appliquent qu'à nous et aux espèces que nous jugeons les plus proches de notre état. Il nous apparaît aujourd'hui inconcevable, et d'ailleurs nous ne le concevons pas, qu'une forme d'existence extraterrestre intelligente puisse être de toute autre nature qu'animale ou humaine dans une certaine mesure.
Admettons qu'il existe une entité pensante (au sens inconcevable du mot « pensante », donc) quelque part, complètement étrangère à notre propre pensée. Dans ces cas-là, le champ des possibles est encore plus vertigineux. Il est certain que cette chose évoluerait dans les champs de la matière, étant donné que nous ne sommes pas encore sortis du cadre de notre univers (surtout, surtout, ne pas imaginer le contact avec une entité de l'extra-univers), mais pour le reste, c'est flou. Le côté matériel nous permet cependant de se raccrocher au concept « détruire/être détruit ».
Imaginer une rencontre entre l'intelligence des humains et celle d'une telle entité, c'est s'engager dans une voie épineuse. Il est relativement facile d'envisager les scénarios de contact possibles avec une intelligence fonctionnant sur plus ou moins le même mode que le nôtre : on suppose une sorte d'échelle d'évolution, on place les extraterrestres à une position relative à celle des humains, et puis on essaie de penser à leur place. Alors forcément, imaginer la réaction d'une civilisation qui correspondrait à la nôtre dans 10^9 ans, c'est difficile (personne ne l'a vraiment tenté, à ma connaissance, car de toutes façons ça relève de la fiction, dans la mesure où aucune expérience ne peut être menée ; et pour d'autres raisons d'ailleurs, notamment parce qu'on y colle inéluctablement notre humanité). Mais ce n'est pas le même type exercice que celui d'imaginer la réaction d'une civilisation qui aurait développé une « pensée », une « intelligence » d'une manière complètement atypique et dissemblable à la nôtre.
D'ailleurs, peut-être qu'il y a déjà coexistence entre nous et une autre intelligence, et que simplement aucune n'est deux n'est capable de percevoir l'autre (pour le moment ?). Tout ceci relève de la pure spéculation. Mais côté imagination et suppositions, il y a de quoi se faire plaisir (certains ne s'en privent pas, d'ailleurs, et nous font heureusement partager).
(Faites pas attention à tout ça, il faut juste que je dorme un peu.)